| Léo Lagrange |
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Biographie
de Léo Lagrange
1900-1940
HOMME POLITIQUE ET COMBATTANT
"Pionnier du sport et des loisirs"
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Homme politique français, François Léo
Lagrange est né le 28 novembre 1900, à Bourg-en-Gironde, d'un père
comptable. Enfant, il est inscrit aux Eclaireurs de France, mouvement
de scoutisme laïc. En pleine Première Guerre Mondiale, il prépare
l'école normale supérieure à Paris au lycée Henry IV. En
août 1918, il s'engage dans l'armée. Affecté dans l'artillerie,
il combat dans la Marne et dans l'Aisne. Il est démobilisé en 1919
avec le grade de brigadier (caporal).
A son retour, il s'inscrit en faculté de droit et à l'institut de
sciences politiques. Il obtient sa licence puis son doctorat en
droit. Au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920), il adhère
à la SFIO, dirigée par Paul Faure, Jean Longuet et Léon Blum. La
fréquentation des cercles russes révolutionnaires l'amène
progressivement vers des thèses socialistes. Il décide de s'inscrire
au parti socialiste et y restera toujours fidèle. Inscrit comme
avocat au barreau de paris en 1922, il ouvre son cabinet en 1923.
Touché par les horreurs de la guerre, il réserve ses services en
priorité aux soldats gazés de la Grande Guerre. Il épouse Madeleine
Veiller en 1925. L'année suivante , il rencontre André Malraux et
Jean Prévost. Léo Lagrange se mêle ensuite au bouillonnement intellectuel
des années 30, s'unissant à nombre d'écrivains, historiens, artistes
et savants. Devenu rédacteur au journal "le Populaire", organe de
la SFIO, il y relate, dans sa chronique, l'actualité judiciaire.
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Le politicien Léo Lagrange |
Il se présente aux élections législatives
en 1928, dans le XIe arrondissement de Paris mais il est battu.
Paul Faure le désigne alors comme candidat socialiste pour reconquérir
la 1re circonscription d'Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord. Au
fil des réunions, des rencontres et des débats qui se succèdent, Léo Lagrange
défend les idées socialistes. Il met l'accent sur la nécessité, pour la
classe ouvrière, d'être instruite et organisée si elle veut diriger un
jour. Il est élu député le 8 mai 1932.
C'est au cours des débats sur l'affaire Stavisky, en 1934, que Léo Lagrange
dénonce à la fois les complaisances administratives et judiciaires vis-à-vis
de Stavisky et les compromissions du monde des affaires. Ses analyses
rigoureuses alliées à la vigueur de son propos le font alors mieux connaître
des parlementaires et du grand public.
En 1935, il lance un appel à la lutte contre le fascisme. C'est à cette
époque qu'il rencontre le colonel de Gaulle, dont il soutient les thèses
sur la nécessité de développer une armée mécanisée. Lors de l'élection
du Front populaire, le nouveau Président du Conseil : Léon Blum le charge
de l'organisation des sports et des loisirs.
Sa mission consiste à rassembler et à guider la jeunesse sans l'embrigader.
Léo Lagrange fonde ainsi les bases du futur Ministère de la Jeunesse et
des Sports. Il s'emploie, aidé de sa femme Madeleine, qui devient sa collaboratrice
au ministère, à développer les loisirs sportifs, touristiques et culturels.
Il entend bien faire porter son effort vers "la masse", en multipliant
les stades, en formant les entraîneurs, en rendant le sport accessible
à tous.
Représentation humoristique de l'oeuvre du politicien
Il est à l'origine du billet populaire
de congés annuels qui accorde 40% de réduction sur les transports ferroviaires
(dont bénéficient 600 000 personnes dès l'été 1936), tandis qu'il encourage
et impulse le mouvement des auberges de jeunesse. Ce sont les premiers
départs vers la neige avec les trains spéciaux et les tarifs réduits sur
les téléphériques... Les fonctions ministérielles qu'il exerce, de juin
1936 à avril 1938, lui permettent de créer l'Ecole normale supérieure
de l'éducation physique, l'institut national des sports, l'Ecole nationale
du ski, le brevet sportif populaire, les lundis du théâtre, les mardis
du Louvre... Léo Lagrange s'occupe aussi des Olympiades populaires, Jeux
Olympiques alternatifs qui devaient se substituer aux JO de Berlin. Prévues
à Barcelone, les épreuves officielles qualificatives pour ces Olympiades
populaires se dérouleront le 4 juillet 1936 au stade Pershing à Paris.

Léo Lagrange
Léo Lagrange préside en personne ces journées.
A travers leur club, la FSGT, ou individuellement, 1 200 athlètes français
s'inscrivent à ces olympiades anti-fascistes. Pourtant, le 9 juillet,
toute la droite vote "pour" la participation de la France aux JO de Berlin,
tandis que l'ensemble de la gauche (PCF compris) s'abstient, à l'exception
notable de Pierre Mendès France. Néanmoins, des sportifs français se rendent
tout de même à Berlin, où les Olympiades sont interrompues le 18 juillet
1936 par le pronunciamento militaire du général Franco.
Les accords de Munich, en septembre 1938, modifient la position de Léo
Lagrange face aux orientations de la SFIO : devant le pacifisme de Paul
Faure, Secrétaire général, il affirme la nécessité de "porter
au maximum la force matérielle du pays".
Le 3 septembre 1939, Léo Lagrange écrit dans l'Avenir :"
Si Hitler a choisi la guerre, si de sa main, il
veut mettre le feu au bûcher sur lequel flambera notre civilisation, il
faut qu'il sache que nous défendrons notre pays sans forfanterie, mais
sans faiblesse, et que nous irons jusqu'au terme le plus dur de notre
devoir. La France veut être libre."
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Monument à la mémoire de Léo
Lagrange à Evergnicourt |
A la déclaration de
guerre, il a 39 ans. Ancien combattant de la Grande guerre et parlementaire,
il n'est pas mobilisable. A Daladier qui veut lui confier un commissariat
général à la préparation militaire, il répond : "le
pouvoir appartiendra à ceux qui seront battus et qui en sortiront
vivants". A sa sortie du peloton d'EOR de poitiers
le Sous-lieutenant Lagrange est affecté, sur sa demande, au 61e
régiment d'artillerie de Metz.
Le 9 juin 1940, Léo Lagrange se charge d'une mission dangereuse
sur le front, près d'Evergnicourt, occupé par les Allemands. Il
est tué lors de l'offensive de l'Aisne. Son corps, découvert dans
une prairie sur le bord de l'Aisne le 17 février 1941, à la limite
des communes d'Evergnicourt et d'Avaux, fut inhumé à Avaux-le-Château
(Ardennes), mais une stèle commémorative fut élevée à Evergnicourt,
après un différend entre ces deux communes. Ses restes furent transférés
le 28 juillet 1947, d'Avaux à Bourg-sur-Gironde.
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